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Koklaya

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Lecture et Écriture,  Passions et Lifestyle

Deux livres pour apprivoiser la solitude et se retrouver

Il y a des périodes où l’on avance moins vite, où l’on se sent plus fatiguée, moins disponible, parfois même un peu étrangère à soi-même. Ce ne sont pas toujours de grands bouleversements visibles de l’extérieur : parfois, c’est simplement une accumulation, un besoin de silence, de recul, de respiration.

C’est dans cet état d’esprit que deux livres m’ont accompagnée : L’appel de la fugue et Honjok, l’art d’être heureux dans la solitude. Deux lectures différentes, mais reliées par une même idée : parfois, se retrouver demande d’accepter de ralentir, de s’éloigner un peu du bruit, et de réapprendre à s’écouter.

Je ne les présente pas comme des solutions miracles, encore moins comme une réponse à tous les malaises intérieurs. Mais dans une période de coup de mou, elles ont été de bonnes compagnes de route : douces, accessibles, et assez justes pour ouvrir une réflexion sur l’acceptation de soi, la solitude choisie, l’estime de soi et le besoin de reprendre sa place dans sa propre vie.

Quand le besoin de partir cache surtout le besoin de se retrouver

À la fin de l’été, je me suis sentie à bout de souffle. Le quotidien prenait trop de place, les pensées tournaient en boucle, et j’avais cette impression confuse de devoir partir pour respirer. Alors je suis partie deux jours seule dans les Pouilles, en Italie.

Deux jours, ce n’est pas long. Mais quand on n’a pas l’habitude de voyager seule, cela peut déjà représenter beaucoup. Prendre ses billets, arriver dans un pays étranger, aller au restaurant seule, marcher seule, aller à la plage seule… Toutes ces choses qui semblent simples sur le papier peuvent réveiller de petites peurs très concrètes.

Le plus difficile, finalement, a été de décider. Une fois sur place, je n’ai pas eu d’autre choix que d’avancer, de me débrouiller, de m’écouter. Cette mini-fugue m’a fait du bien, mais elle n’a pas tout réglé. Elle a surtout mis en lumière quelque chose : je n’avais pas seulement besoin de partir quelque part, j’avais besoin de revenir à moi.

Une lecture pour interroger l’envie de fuir

Quelques semaines plus tard, en rentrant chez ma maman, j’ai emporté avec moi L’appel de la fugue. Le hasard faisait bien les choses : après cette parenthèse italienne, ce livre venait poser des mots sur une sensation que je n’avais pas encore complètement comprise.

Fuguer, ici, ne veut pas forcément dire tout quitter ou disparaître. Cela peut simplement évoquer ce besoin de sortir de ses automatismes, de reprendre de l’air, de se demander : qu’est-ce que je suis en train de fuir ? Une situation ? Une fatigue ? Des attentes extérieures ? Ou parfois, une partie de moi que je n’ai pas envie de regarder en face ?

Cette lecture m’a accompagnée dans une étape importante : celle de la prise de conscience. Pas une révélation spectaculaire, plutôt un mouvement plus discret. Le genre de mouvement intérieur qui commence doucement, mais qui aide à remettre un peu d’ordre dans ses pensées.

Retrouver de la présence dans les gestes simples

Chez ma maman, j’ai profité de choses très simples : préparer le dîner, m’occuper des chats, discuter, lire, cueillir de la lavande, confectionner de petits pochons en tissu. Rien d’extraordinaire, et pourtant c’est peut-être précisément cela qui m’a fait du bien.

Quand on traverse une période de saturation, on cherche parfois des réponses très complexes. Mais certaines respirations passent par le quotidien : une promenade, une tasse chaude, une activité manuelle, un rangement que l’on repousse depuis trop longtemps, une soirée sans obligations.

Ces moments-là ne font pas disparaître les difficultés, mais ils peuvent aider à se réancrer. À revenir au corps, aux gestes, au présent. À sortir un peu du mental qui commente tout, analyse tout, anticipe tout.

Le retour au quotidien : comprendre ce que l’on essayait de fuir

Le retour à Paris a été plus difficile. J’avais l’impression de revenir exactement là où je ne voulais plus être. Avec le recul, je crois que je ne fuyais pas seulement un lieu ou une routine : je fuyais aussi certaines émotions, certaines responsabilités, certaines contradictions.

Les premiers jours ont été peu productifs, et c’est humain. On voudrait parfois redémarrer parfaitement, reprendre le contrôle immédiatement, avoir une énergie impeccable. Mais la réalité est souvent moins linéaire. Il faut parfois accepter une phase de flottement avant de retrouver un rythme.

Petit à petit, j’ai repris des horaires plus réguliers, rangé l’appartement, trié des papiers, réorganisé des espaces, mais aussi clarifié mes pensées. Le rangement extérieur accompagnait le rangement intérieur. Ce n’était pas magique, simplement progressif.

La limite des to-do lists quand on devient trop dure avec soi-même

J’aime les listes. Elles donnent une direction, elles rassurent, elles permettent de poser les choses noir sur blanc. Mais elles peuvent aussi devenir un moyen de pression.

Quand la to-do list devient une preuve de valeur personnelle, elle perd son utilité. On ne coche plus des tâches pour avancer : on cherche à se prouver qu’on mérite de se reposer, d’être fière, d’être légitime. Et c’est souvent là que l’on se fatigue encore plus.

Ce que cette période m’a appris, c’est qu’une liste peut être un outil, mais pas un juge. Certains jours, avancer signifie accomplir beaucoup. D’autres jours, avancer signifie se reposer, dire non, demander de l’aide, ou simplement ne pas se parler avec violence.

Honjok : découvrir la solitude choisie

Après L’appel de la fugue, j’ai découvert Honjok, l’art d’être heureux dans la solitude. Le sujet m’a tout de suite interpellée, d’autant plus que je m’intéressais déjà à la culture coréenne à travers les K-dramas.

Le livre aborde le phénomène Honjok, associé à des personnes qui choisissent de pratiquer certaines activités seules et d’assumer davantage leur indépendance. Ce qui m’a touchée, ce n’est pas l’idée de s’isoler du monde, mais plutôt celle de transformer la solitude en espace choisi.

Car il y a une grande différence entre être seule par contrainte et être seule par choix. La première peut faire mal, réveiller un sentiment de rejet ou d’abandon. La seconde peut devenir un moment de liberté : choisir son rythme, ses envies, son silence, ses priorités.

Apprendre à ne plus subir les moments seule

Rester seule n’a jamais vraiment été un problème pour moi. Quand je vais bien, je ne m’ennuie presque jamais : je peux écrire, ranger, lire, prendre soin de moi, préparer une soirée beauté, regarder une série, cuisiner, rêver, planifier.

Ce qui était plus difficile, c’était la solitude imposée. Celle que je n’avais pas choisie. Dans ces moments-là, au lieu de profiter du temps disponible, je pouvais ruminer, me vexer, attendre autre chose, perdre des heures à lutter contre la situation.

Honjok m’a aidée à changer légèrement de perspective : si je suis seule ce soir, qu’est-ce que je peux en faire pour moi ? Pas pour être parfaite. Pas pour rentabiliser chaque minute. Simplement pour transformer ce temps en espace plus doux.

Des idées simples pour s’accorder du temps sans culpabiliser

Prendre du temps pour soi n’a pas besoin d’être impressionnant, coûteux ou très organisé. Ce n’est pas forcément partir à l’autre bout du monde, méditer une heure ou réinventer toute sa vie. Cela peut être beaucoup plus simple.

Voici quelques pistes concrètes, à adapter à son énergie et à son quotidien :

  • Se prévoir une soirée sans obligation, sans chercher à être productive à tout prix.
  • Lire quelques pages d’un livre qui apaise, questionne ou inspire.
  • Faire une activité manuelle : couture, dessin, cuisine, jardinage, pochons de lavande, collage, écriture.
  • Ranger un seul petit espace, comme une table, une trousse, une étagère, sans vouloir tout terminer.
  • Prendre soin de soi avec un bain, une douche longue, un massage des mains, un masque, une huile végétale appréciée.
  • Sortir seule pour un café, une balade, une exposition ou un cinéma, sans attendre que quelqu’un soit disponible.
  • Écrire ce que l’on ressent, même de manière brouillonne, pour déposer un peu ce qui tourne en boucle.

L’objectif n’est pas de cocher une nouvelle liste de bonnes pratiques. Il s’agit plutôt de se demander : qu’est-ce qui me ferait du bien aujourd’hui, vraiment ? Et ai-je le droit de me l’accorder sans culpabiliser ?

Se connaître demande parfois du courage

Apprendre à se connaître n’est pas toujours confortable. On découvre ce que l’on aime, mais aussi ce que l’on tolère trop. On identifie ses besoins, mais aussi ses contradictions. On regarde ses qualités, mais aussi ses mécanismes moins jolis : la fuite, la comparaison, la dureté envers soi, l’envie de plaire à tout le monde.

Ce travail intérieur ne se fait pas en un week-end ni en un livre. Il se construit par petites prises de conscience, avec douceur, et parfois avec un accompagnement adapté si la période devient trop lourde à porter. Quand un mal-être s’installe, prend beaucoup de place ou empêche de vivre normalement, il est important de ne pas rester seule et de se tourner vers un professionnel de santé ou une personne de confiance.

Mais dans les périodes de fatigue passagère, de remise en question ou de transition, certaines lectures peuvent ouvrir une porte. Elles mettent des mots, elles rassurent, elles accompagnent. Elles ne font pas le chemin à notre place, mais elles peuvent marcher un moment à côté de nous.

Ce que ces deux livres m’ont apporté

Avec le recul, cette mini PAL m’a surtout aidée à reconsidérer ma relation à moi-même. L’appel de la fugue m’a permis d’interroger mon envie de partir, de comprendre qu’elle parlait aussi d’un besoin de retour à soi. Honjok m’a aidée à faire la paix avec certains moments de solitude, à les vivre moins comme une punition et davantage comme une occasion de me retrouver.

Le message que j’en garde est simple : vous avez le droit de vous accorder du temps. Que vous soyez célibataire, en couple, mariée, avec ou sans enfants, très entourée ou plus solitaire, ce temps n’a pas à être justifié en permanence.

S’intéresser à soi n’est pas égoïste. C’est apprendre à mieux connaître ses limites, ses envies, ses besoins, ses élans. C’est aussi prendre des décisions plus alignées avec ce que l’on ressent, plutôt qu’avec ce que l’on pense devoir faire pour correspondre aux attentes des autres.

La société peut être bruyante, exigeante, parfois oppressante. On ne peut pas toujours s’en extraire complètement. Mais on peut apprendre, petit à petit, à reprendre un peu d’espace. À choisir ce que l’on garde. À laisser ce qui étouffe. À ne plus se fuir systématiquement.

Et parfois, cela commence simplement par une lecture, un billet de train, deux jours seule, ou une soirée à soi.

FAQ

Que signifie Honjok ?

Honjok est un terme associé à l’idée de faire certaines activités seul et d’assumer davantage son indépendance. Dans le livre cité, il invite surtout à réfléchir à la solitude choisie et à la façon de mieux vivre les moments avec soi-même.

La solitude est-elle forcément négative ?

Non, tout dépend du contexte et du ressenti. Une solitude subie peut être difficile, tandis qu’une solitude choisie peut offrir un espace pour se reposer, réfléchir, créer ou simplement ralentir.

Quels livres lire quand on traverse un coup de mou ?

Des livres doux, accessibles et introspectifs peuvent accompagner une période de remise en question. Ici, L’appel de la fugue et Honjok sont présentés comme des compagnons de réflexion, sans remplacer un soutien adapté si le mal-être persiste.

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